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18/10/2015

Mobilité : une méthode, de la confiance et du respect

Depuis que j'ai pris mes fonctions en tant que responsable du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture, je m'efforce de travailler avec une méthode: réunir les parties prenantes à un dossier et les mettre autour de la table, parler franchement, sans tabou, et agir dans le sens de la parole donnée.  Les décisions prises ont désormais un impact et les gens le sentent, la confiance s'instaure.

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Au niveau des transports, les États généraux ont été la première étape: d'abord nous avons présenté les faits, par une brochure simple qui expliquait l'explosion des déplacements, conséquence de la croissance démographique que connait la région. Les collaborateurs de mon département et moi sommes allé à la rencontrer des Genevoises et de Genevois. Nous avons transmis ces chiffres, nous avons entamé le dialogue. Ensuite, je suis allé à la rencontre des associations représentant tous les modes de transports  (piétons, vélos, taxis, pédibus, handicap, co-voiturage, professionnel,…). Je me suis littéralement immergé en situation et j'ai demandé qu'on me montre les endroits et situations les plus problématiques.

Enfin, j'ai demandé à la population qu'elle me fasse un retour….et ce sont plus de 12'000 personnes qui ont répondu au questionnaire, testant ainsi les usagers de nos infrastructures sur 47 propositions concrètes.

Certains ont pensé que ce n'était que de des opérations de communication… ils se sont trompé. Car nous n'en sommes pas restés là. En effet, de cette démarche a découlé :

 1)      des dizaines de mesures mise en œuvre rapidement (ondes vertes, rue de l'Ecole-de-Médecine, rue Ami-Lullin, feux orange clignotant, gel de la pose de 6 feux sur le Quai Gustave-Addor, voies supplémentaires à la douane de Bardonnex) et des dizaines d'autres actuellement à l'étude qui sont directement inspirées du questionnaire : motos dans les voies du bus, téléphérique urbain, péage, traversée du lac et mesures de compensation au centre ville, etc.  ;

 2)      le dépôt au Grand Conseil d'un projet de loi sur la mobilité, qui a pour but de mettre fin à la guerre des transports à Genève. J'ai souhaité que tous les représentants du Grand Conseil soient impliqués, puisse échanger et enfin, qu'il puisse aboutir d'un texte à une quasi-unanimité. Mon appel était clair: les genevois nous attendent au tournant, chacun doit faire un pas vers l'autre et construire le canton du XXIe siècle à la hauteur des défis qui nous font face.

Pendant des semaines, les membres la sous-commission des transports chargée d'examiner le projet de loi sur la mobilité se sont saisis de toutes ces questions et ont pris la mesure des défis à relever. Issu d'un compromis inédit, de nouvelles propositions ont émergés. Mon département se chargera de les examiner en temps voulu, ne serais-ce parce qu'elles font toute partie d'un puzzle dont la perte d'une pièce ne ferait que le bonheur de celles et ceux qui comptent poursuivre la guerre des transports.

 

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Commentaires

Si l'on pouvait éviter des nouvelles taxes ... car le Moyen-Âge est bien derrière nous ...

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 18/10/2015

Je sais, tout prend énormément de temps.
Et je reconnais volontiers que certaines initiatives heureuses ont abouti, comme les feux clignotants.
Mais...
J'ai eu l'occasion de pointer du doigt certaines aberrations de la gestion des flux, principalement sur les axes de sortie de la ville. Et là, rien n'a été entrepris alors que ces quelques interventions mineures auraient un impact majeur sur la circulation globale.
Alors oui, je fais partie de ceux qui pensent que les états généraux étaient essentiellement des opérations de communication. Comme ce billet d'ailleurs.
Je le regrette et je pense que c'est essentiellement lié, non pas à la mauvaise volonté du département ou de son chef, mais à l'inertie des services et à l'autorité de leurs cadres qui ne respectent pas les visions parfois contradictoires des magistrats qui ne font que passer.

Écrit par : Pierre Jenni | 19/10/2015

C'est une méthode efficace pour "gouvernance participative". La mise en œuvre des politiques publiques nécessite effectivement d'être à l'écoute des citoyens.

Écrit par : Richard Mukundji | 25/10/2015

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